Onomastique

 Onomastique : Science regroupant l’étude de l’anthroponymie et de la toponymie.

  • Anthroponymie : Science étudiant les noms de personnes.
  • Toponymie : Science étudiant les noms de lieux.
Bibliographie d’Onomastique Bretonne

ABALAIN Hervé : Noms de famille bretons. Editions : Les Universels Gisserot -1996
BELSER Christophe et de CACQUERAY Aurélie : Les noms de famille en Bretagne. Editions Archives et Culture.
DANTEC François : Les noms de villages de Plonevez du Faou – 1990
DESHAYES Albert : Dictionnaire des Noms de famille bretons. Editions Le Chasse Marée Ar Men – 1995.
Dictionnaire des Noms de Lieux bretons. Editions Le Chasse Marée Ar Men. 1999.
Noms de famille bretons. Editions Skol Vreizh 1985
Villages et Lieux-dits en Loctudy, Plobalannec et Pont l’Abbé. Etude toponymique
Etude onomastique de Kerfeunteun et Cuzon de la fin du XVII° au début du XVIII° siècle. Editions : Les amis de Kerfeunteun 1984.
Villages et Lieux-dits de Quimper. Editions Les amis de Kerfeunteun 1984.
DIVANACH Marcel : 5000 patronymes bretons francisés. Editions du vieux meunier breton. 1975.
FALC’HUN François : Perspectives nouvelles sur l’histoire de la langue bretonne. Union Générale d’Editions. 1981
Les origines de la langue bretonne. Studi n° 8. C.R.D.P. de Rennes. 1977.
Les suffixes en onomastique. Les désinences gauloises -Ia et -Iacos dans la toponymie d’origine celtique en France in Actes du Colloque de Montpellier de mai 1983.
FALCH’HUN François et TANGUY Bernard : Les noms de lieux celtiques. Première Série . Vallées et Plaines. Editions Slatkine 1982.
Les noms de lieux celtiques. Deuxième Série : Problèmes de doctrine et de méthode. Noms de Hauteurs. Editions Armoricaines. 1970
Les noms de lieux celtiques. Troisième série. Nouvelle méthode de recherche en toponymie celtique. Editions Armoricaines.
GOURVIL Françis : Noms de famille de Basse Bretagne. Editions d’Artrey. 1966
Noms de famille bretons d’origine toponymique. Société Archéologique du Finistère – complété par Albert DESHAYES. 1993.
JAFFRE Job : Secrets et Mystères de nos Ker. Editions Dalc’homp Sonj. 1995.
JAFFRENOU François dit Taldir : La clef des Noms. Heugel. 1934.
KERDAVID Michel : Langourla – Villages et Lieux-Dits – Etude toponymique. 1994.
LAGILLIERE René : Les Saints et l’organisation chétienne primitive dans l’Armorique bretonne. Réédition : Armeline à Crozon. 1995.
LE MENN Gwennnole : Les noms de famille les plus portés en Bretagne. Coop Breizh. 1993.
Grand Choix de Prénoms bretons. Coop Breizh. 1992
Choix de Prénoms bretons. PUB. 1971
1700 noms de famille bretons. Editions Skol. 1982.
Anthroponymie bretonne et état civil in Mélange Charpiana. 1991.
LE MOING Jean Yves : Les noms de lieux bretons en Haute Bretagne. Coop Breizh. 1990.
MADEC Mikael : Renabl aniou lehiou inizi Kornog Goueled Leon. Emgleo Breiz. 1991. (ouvrage écrit en breton)
MADEC Mikael et PONDAVEN Per : Renabl anoiou lehiou Arvor Gouedel Leon
Aber Ildut, Lanildut, Porspoder, Landunvez. Ar Skol Vreiz. 1995. (ouvrage écrit en breton)
PLONEIS Jean Marie : La toponymie celtique. L’origine des Noms de lieux en Bretagne. La Flore et la Faune. Editions du Félin.
L’identité bretonne. L’origine des noms de personnes. Editions du Félin.
La toponymie celtique. L’origine des noms de lieux en Bretagne. Editions du Félin.
PRIZIAC Michel : Au nom de nos villages. 1995
Noms des Iles de Bretagne. 1997.
Les noms racontent la Bretagne. 1999.
SMITH William B. S. : De la toponymie bretonne. Dictionnaire Etymologique d’après le manuscrit inédit d’Auguste Brizeux. Editions : Linguistic Society of America, Baltimore, Maryland USA. 1940. (ouvrage écrit en français)
STEPHAN Alain : Tous les Prénoms bretons. Editions ; Les Universels Gisserot. 1996.
TANGUY Bernard : Les noms de lieux bretons. Toponymie descriptive. Studi n° 3. CRDP de Rennes. 1975.
Dictionnaire des Noms de Communes, Trèves et Paroisses du Finistère. Editions Chasse Marée Ar Men. 1990.
Dictionnaire des Noms de Communes, Trèves et Paroisses des Côtes d’Armor. Editions Chasse Marée Ar Men. 1992.
TANGUY Bernard et FALC’HUN : voir à FALC’HUN.
VALLERIE Erwan : Communes bretonnes et paroisses d’armorique. Editions Beltan. 1986
Traité de toponymie historique de la Bretagne en 3 vol. Editions An Here.
L’Art et la manière de prononcer ces sacrés noms de lieux de Bretagne. Editions Le Chasse Marée Ar Men.Ouvrages collectifs :
Toponymie nautique des côtes de Basse-Bretagne. Engleo Breiz. 1991.
Minihi Levenez : Les Saints des Lanns et Ploues du Léon et la Bretagne.
Dis, Explique-moi la naissance de mon pays. Va bro gwechall ha breman. Skolig al louarn. 1992.
Comprendre les nom de lieux au pays bigouden et au Cap Sizun. Fascicule édité par l’Association de Promotion du Pays bigouden-Cap Sizun.
La toponymie en Bretagne par l’Association « Patrimoines Buissonniers » de St Nicolas du Pelem.

Vocabulaire Onomastique

Vocabulaire Onomastique

Agglutination : Réunion suite à une erreur de compréhension, de deux phonèmes originairement distincts, ce qui finit par faire un nom nouveau. Ex : L’article breton an qui se trouve soudé avec le nom qui suit an Abat (l’abbé) à Nabat, Alamartine pour désigner la fille de Martine.
L’inverse de l’agglutination est la fausse coupe ou déglutination.
Amuïssement : Phénomène dans lequel on constate la chute de la consonne ou de la syllabe finale du phonème. Ex : la marque du pluriel français (-s) que l’on n’entend pas dans le langage parlé.
Antonyme : mot de sens opposé ; c’est le contraire du synonyme. En anthroponymie on opposera ainsi Maugrain à Bongrain, Mauchampà Bonchamp.
Aphérèse : disparition de la première syllabe d’un mot Ex : Françoise > Soize. (NB : Le prénom breton Soize a pour diminutif : Soizic : petite Françoise) Voir aussi Déglutination.
Apocope : terme désignant l’amputation d’une syllabe à la fin d’un mot ou la coupure d’un mot. C’est l’inverse en quelque sorte de l’aphérèse.
Assimilation : terme qui désigne un changement phonétique qui fait que deux sons voisins tendent à devenir identiques. Ex Lanmeur (la grande paroisse) qui se prononce actuellement en breton Lanneur
Attraction paronymique : désigne deux noms qui n’ont pas la même étymologie mais qui se prononcent de façon identique.
Cacographie : mauvaise graphie. Ex : Croas Hent (Carrefour en breton, littéralement Croix + Chemin) transformé en Croissant !!!! (voir aussi Paronymie).
Cas régime : correspond à l’accusatif latin en vieux français. (Le vieux français avait en effet une déclinaison à deux cas, le cas sujet et le cas régime. Ex de cas sujet : gars, compain, sire. Ex de cas régime : garçon, compagnon, seignor). Ex appliqué à l’anthroponymie: Huonpar rapport à Hue.
Cas sujet : correspond au nominatif latin en vieux français. Ex : Gilles par rapport à Gillon.
Cognonem : synonyme de surnom. (voir aussi Noms romains)
Contraction : phénomène qui fait que deux phonèmes se trouvent soudés l’un à l’autre Ex : usus et fructus à usufruit, Pen al lan à Pellan(celui qui habite au bout de la lande ou de la paroisse)
Déglutination : coupure erronée suite à une mauvaise compréhension du mot. Ce phénomène se produit très souvent avec l’article. Ex le nom de famille breton Narvor pour an Arvor. Déglutination s’oppose à agglutination.
Dérivation : Le fait d’ajouter un suffixe (ou un préfixe) à un nom. Ex : Martin > Martineau.
Diminutif : Ajoute au sens du mot une idée de petitesse.
Ex : le suffixe –ic en langue bretonne. Ce qui donne appliqué au patronyme breton : Bihan (petit) à Bihannic (tout petit).
Les suffixes diminutifs du nom en français sont –eau, -elle, -et, -ette, -ule, -cule, -oie, -in, -ine, -ille, -on (qui peut être parfois augmentatif aussi) –illon, -ot, -otte. Les suffixes diminutifs de l’adjectif en français sont -et, -elet, -ot, -âtre, -aud, -in.
Diphtongaison : phénomène de dédoublement d’une voyelle.
Dissimilation : Différentiation entre sons non contigus et qui fait souvent évoluer en breton de l à n, ou de l à r ou de n à r et inversement. (voir aussi provection, rhotacisme)
Epenthèse : Introduction d’un son dans un mot. Ex : latin caval >fr cheval.
Epicène (prénom) : qui s’applique aussi bien à des hommes qu’à des femmes. Ex : le prénom Claude.
Eponyme : personnage qui a donné son nom.
Etymologie : Etude de l’origine des mots.
Gentilé : Nom des habitants d’une localité.
Gentilice : nom de la gens (équivalent du clan, de la famille dans un sens très large) Dans le système romain, Marcus Julius Caesar, Julius représente la gens Julia. L’histoire a retenu César comme surnom (César est à l’origine de Kaiser et de Tzar) Tibère comme prénom…. (voir Noms romains)
Hagiographie : science relative à la vie des saints.
Hagionyme : Nom de saint.
Hagiotoponyme : Nom de lieu en relation avec le nom d’un saint.
Hapaxépie (ou haplologie) : concerne des phonèmes à se suivre qui devraient être prononcées deux fois et qui ne le sont qu’une fois. Ex : Neuve Ville à Neuville.
Hydronyme : Nom désignant un cours d’eau.
Hypocoristique : Forme familière, brève et affective d’un nom de personne. S’obtient soit par dérivation (ex : Pierrot pour Pierre), soit par substitution de finale, (ex : Colin pour Nicolas) soit par redoublement d’une finale (ex : Dédé pour André), soit par aphérèse (ex : Toine pour Antoine).
Labialisation : Phénomène phonétique suite à un mouvement des lèvres. En Bretagne le n évolue vers le m devant un b ou un p. Ex : Pen Prat (bout du pré) à Pemprat, Pen Poul (bout de la mare) à Pempoul
Liquides (consonnes) : Consonnes ayant la particularité d’être facilement interchangeables. Ces consonnes sont l, m, n, r.
Matronyme : Nom de famille qui se transmet par la mère. Contraire du patronyme. Ex : Martin est un patronyme, Alamartine est un matronyme.
Métaphore : Emploi d’un mot concret pour exprimer de l’abstrait. Voir aussi Métonymie.
Métathèse : Changement de place de deux sons, ou échange de lettres dans un mot. (Ex Breton, Berton)
Métonymie : Comme dans la métaphore une notion est désignée par un autre terme, mais il y a une relation de cause à effet. (Ex : le nom de famille Navette pour désigner le Tisserand)
Microtoponyme : nom de lieu d’importance locale.

Mutation consonantique : C’est la grande spécificité et difficulté des langues celtiques. L’initiale du mot va muter soit par adoucissement, soit par renforcement, soit par spirantisation. Ex : le substantif breton taol (table) mute en daol s’il est précédé de l’article an.
En langue bretonne, seules les consonnes suivantes mutent : B – D – G – (&GW-, GOU-) – K – P – T – M.
Ce qui donne les résultats suivants :

B à V, ou P dans certains cas
D à Z, ou T dans certains cas
G à C’H / H, ou K dans certains cas
GW à W, ou KW dans certains cas
GOU à OU, ou KOU dans certains cas
K à G, ou C’H/H dans certains cas
P à B, ou F dans certains cas
T à D, ou Z dans certains cas
M à V

On dira donc : Tad = Père, mais va zad pour mon père, e dad pour son père (à lui) he zad pour son père (à elle).
Lire un mot dans un texte breton et le retrouver dans un dictionnaire relève donc de l’exploit si on ne connaît pas les mutations. Dans l’exemple précédent, inutile de rechercher zad à la lettre Z…..

Noms romains : Trois noms (tria nomina) désignent à Rome les hommes libres. Le prénom (praenomen) le nom de famille (nomen) et le surnom (cognomen) Le surnom n’est pas obligatoirement personnel et peut se transmettre de père en fils. Un deuxième surnom rappelle l’ancienne gens au garçon qui est adopté (qui prend alors les tria nomina de sa nouvelle famille). Un deuxième surnom peut être attribué à titre honorifique.
Paronymie : ressemblance entre deux mots n’ayant aucune parenté. Voir l’exemple donné pour illustrer Cacographie.
Patronyme : Nom de personne transmis par le père. S’oppose à Matronyme.
Palatalisation : Transformation d’une consonne. Le k et le g devant un a latin donne en français le son tch. Ex: à partir du latin caballu àcheval. En breton, on constate l’apparition de la lettre i devant le suffixe –ec
Prosthétique (ou prothétique) : Introduction d’un son à l’initiale d’un mot. Ex : Le latin Spiritus qui a donné le français Esprit. Le français a ajouté la lettre e devant les mots latins commençant pas sc, sp, sc. Il a parfois remplacé l’s initial latin pas un é, (épée ß spada) rajouté un a quand cela provenait de la préposition ad contractée (adieu ß ad Deum) et mis parfois un h muet à l’initiale (haut ß altus, huile ß oleum)
Provection : se dit quand il y a transformation du b en p, du g en k, du v en f et du d en t. (voir aussi dissimilation et rhotacisme)
Pseudonyme : surnom qu’une personne se choisit pour se nommer et dissimuler son identité (acteurs, chanteurs sont coutumiers de ce fait)
Remotivation : Réinterprétation fausse d’un nom. Ex : Rebweiller (village de la vigne en allemand) à Réveillez, Réveillé.
Rhotacisme : Phénomène phonétique qui consiste à transformer en r la consonne l. En breton, on parlera également de rhotacisme pour le passage du z au r. (voir aussi dissimilation et provection)
Sobriquet : Surnom familier, souvent donné par moquerie. Ex : L’aimable pour désigner quelqu’un qui ne l’est pas du tout.
Syncope : chute d’un ou plusieurs phonèmes ou syllabes à l’intérieur d’un mot.
Vocalisation : passage d’une consonne à une voyelle. Ex : Morel à Moreau.

Illustration d’une Anthroponymie

Jean-François PELLAN

Jean-François PELLAN

Président du CGF

Anthroponymie – PELLAN

Le patronyme PELLAN est un nom de famille breton d’origine toponymique.

 COMPOSITION ET SIGNIFICATION

Ce patronyme est composé des mots  PEN et LAN

PEN peut revêtir des formes très diverses en toponymie. PEN peut avoir subi une mutation consonantique (c’est la grande difficulté de la langue bretonne) sur sa première lettre et se trouve ainsi transformée en  BEN.

C’est ainsi que l’on trouve la ville  de Bénodet au lieu de Penodet  pour désigner  le bout de  l’Odet ou plus exactement l’embouchure de l’Odet.

La plupart du temps, c’est la finale N de PEN qui va subir des transformations et à la place du N, on aura soit un L, soit un M, soit un R. PEN donnera donc naissance soit à PEL, soit à PEM, soit à PER.

PEN devient PEL lorsque le mot qui le suit commence par un L. On aura ainsi PEN-LAN qui deviendra PELLAN, PEN-LEN qui donnera naissance à PELLEN (LEN = Etang)

PEN devient PEM si le mot qui suit débute par un B ou un P. C’est ainsi que PEN-PRAT deviendra PEMPRAT (Prat = Prairie) ou que PEN-POUL deviendra PEMPOUL  (Poul = mare)

PEN devient PER si le mot qui suit commence par un R.  PEN-ROZ deviendra donc PERROS  (Roz = tertre) PEN-RET deviendra PERRET (ret = ruisseau)

Nous avons dit que ce patronyme était composé de deux substantifs. Habituellement, en langue bretonne, les deux substantifs sont toujours reliés pas l’article défini qui peut être, soit  AL, soit AR soit AN. Le choix entre AL, AR ou AN est fonction de la lettre du mot qui suit. Si le deuxième substantif commence par un L l’article sera nécessairement AL.

Lorsque l’on aborde la toponymie, on pourra donc être en présence de plusieurs cas de figure :

–          l’article pourra être conservé et on aura donc le toponyme PEN AL LAN

–          l’article pourra être réduit seulement à « a » et on trouvera le toponyme PENALAN

–          l’article pourra enfin être supprimé et on aura alors le toponyme PELLAN.

Signification de PEN

En breton PEN signifie tout d’abord « tête ».

En toponymie bretonne, il peut revêtir différents sens :

–          le plus souvent il désignera le bout, l’extrémité. C’est ainsi que Pen ar Hoat veut dire : le bout du bois.

–          S’il concerne un ruisseau, une rivière, il indiquera plutôt le début du ruisseau ou de la rivière. Pen ar Voas indique donc le début de la rivière.

–          S’il est suivi du nom d’un fleuve ou d’une rivière, il indiquera l’embouchure. Ex : BENODET

–          S’il est suivi d’un substantif qui désigne une hauteur, il aura le sens de sommet, de point culminant. Ex : Pencreac’h

–          A titre anecdotique on rappellera que Pen en breton sert à signifier l’unité et concerne les êtres animés et les espèces végétales. Pendanvad (soit mot à mot : tête de mouton) signifie en fait un mouton. Penfao (littéralement tête de hêtre) signifie un hêtre.

Signification de LAN

 LAN reçoit deux acceptations en langue bretonne :

–          Le premier sens est celui d’ermitage, de terre consacrée ou de monastère.

Lan peut être suivi d’un adjectif (ex LANMEUR, commune du Finistère – Meur = Grand) ou d’un substantif (ex : LANGROAZ –  Croas = Croix après mutation du C en G) ou du nom d’un saint ou d’un personnage vénéré (ex : LANDIVISIAU « pour St Tivizio » LANNEDERN « pour St Edern » etc…)

Ces LAN remontent à une époque très ancienne, sans doute vers le VI° siècle lorsque la Bretagne a reçu les émigrants venus des Iles britanniques. Ils sont contemporains des « PLOU »  qui désignent les premières paroisses bretonnes.

–          Le second sens est celui de Lande. Il désigne alors un terrain pauvre et difficilement cultivable. En breton moderne LAN s’écrira avec 2N en terminaison (LANN)

Le nom français « lande » est selon le Dictionnaire Historique de la Langue française  ROBERT issu d’un nom gaulois *landa, qui se restitue d’après l’irlandais land, lann, le cymrique llan, le cornique lan et qui ont pour acceptation « plaine, espace dégagé » et « pièce de terre clôturée, enclos » A ces mots se rattachent le germanique landa = terre, que l’on retrouve dans l’allemand « Land »  mais aussi dans l’anglais, le néerlandais, le suédois et le danois. Le type *landa est attesté dans une grande partie de l’ancien domaine gaulois : ancien italien, catalan, aragonais, navarrais avec landa. Il désigne alors un champ, une pièce de terre cultivable.

Le sens a donc évolué suivant les pays mais il se décline autour de l’idée « terrain ».  Si ce terrain est sacré, cela expliquerait d’ailleurs qu’il désigne un ermitage.

Il est donc difficile lorsque l’on est en présence d’un LAN de certifier qu’elle est la meilleure acceptation possible.

TRADUCTION POSSIBLE

 1) Compte tenu de la difficulté de se prononcer sur le mot LAN, on proposera les significations suivantes pour  le patronyme PELLAN

          celui qui habite au bout de la lande.

–          ou celui  qui habite au bout de l’ermitage, ou de la terre consacrée.

2)    Ce nom peut être aussi un nom d’origine et désigner quelqu’un originaire de PLELAUFF, puisque PLELAUFF en breton se dit PELLAN (voir le chapitre Implantation du toponyme en Bretagne consacré infra à PLELAUFF)

3) NB : On ne retiendra pas la traduction de l’adjectif breton pellan (le plus loin) comme s’appliquant à ce patronyme.

LES DIFFERENTES GRAPHIES

 Dans son livre (édition de 1966) « Noms de famille de Basse Bretagne – Matériaux pour servir à l’étude de l’anthroponymie bretonne» Francis GOURVIL donne les différentes graphies qui affectent ce patronyme.

Outre PELLAN, il cite les graphies PéLAN, PELLANT.

On ajoutera qu’au  Canada il existe une graphie PELLAND, par contamination sans doute avec « Land » de la langue anglaise.

Il existe aussi des patronymes avec le même sens, n’ayant pas subi l’évolution de PEN à PEL, comme PENLAN, PENLAND et PENLANN.

L ‘IMPLANTATION DU TOPONYME EN BRETAGNE

** Dans le Département du Finistère **

Communes ayant un lieudit PELLAN sur leur territoire :

  • Bourg Blanc
  • Coat Meal
  • Concarneau
  • Kerlouan
  • Kernilis
  • Lannilis
  • Plabennec
  • Ploudaniel
  • Plouvien
  • Plozevet
  • St Meen

On trouve par ailleurs :

  • PEN A LAN à : Loctudy et Plobannalec.
  • PEN A LAND à : St Martin des Champs et Cleder.
  • PEN A LANN à : Landunvez et Carantec.
  • PEN AL LAN à : Roscoff et Plourin-Ploudalmézeau
  • PEN AL LAND à : Sibiril.
  • PEN ALAND à : Plougasnou.
  • PENNALAN à : Dirinon.
  • PENNALAND à : Plougasnou et Plonevez du Faou.
  • PEN AR LAND à : Ile d’Ouessant.
  • PENN AR LANN à : Plougastel Daoulas.

** Dans le Département des Côtes d’Armor **

 Le cas de PLELAUFF = PELLAN

PLELAUFF est une commune des Côtes d’Armor, dépendant de l’arrondissement de Guingamp. PLELAUFF est le nom officiel français de cette commune. Ce nom a subi dans son écriture des transformations au cours des siècles, suite à des confusions entre le u et le n.

Bernard TANGUY, dans son livre « Dictionnaire des noms de communes, trêves et paroisses des Côtes d’Armor » donne les formes anciennes du nom de cette paroisse. PLOELANU ou PLOELANN en 1289, PLELAN en 1315, PLOELAUFF en 1464. On va donc aboutir à deux formes, soit PLELAUFF, lorsque l’on s’exprime en français, ou PELLAN lorsque l’on parle en breton.

PLOE correspond au moderne PLOU et désigne donc la paroisse. PLOE aboutit dans certains cas à PLE, puis par un phénomène de métathèse donne PEL. On rapprochera PLELAUFF/PELLAN des autres noms de communes qui sont PLELAN-LE-PETIT dans les Côtes d’Armor, POULLAN dans le Finistère et GUICLAN (anciennement PLOELAN, également dans le Finistère) et qui ont donc le même sens : paroisse de l’ermitage.

Il ne peut donc être exclu que PELLAN désigne également un habitant originaire de PLELAUFF.

Communes ayant un lieudit PELAN sur son territoire :

  • Ilifaut
  • Morieux

Communes ayant un lieudit PELLAN sur leur territoire :

  • Corseul
  • Henon
  • Plemy
  • Pleudihen sur Rance
  • Plouasne
  • Plenee Jugon

On trouve par ailleurs

  • PEN AL LAN à : Plouaret, St Fiacre, St Nicodème, St Nicolas du Pelem, Plestin les Grèves.
  • PEN AL LAND à : St Michel en Greve.
  • PEN AN LANN : Glomel et Pleubian.
  • PEN AR LAN à : Canihuel, Cavan et Grâces.
  • PEN AR LAND à : Tremel.
  • PEN LAN à : Bulat Pestivien, Kerfot, Lannion, Louannec, Paimpol, Pleudaniel, Pluzunet, Pommerit le Vicomte, Quemper-Guezennec, St Adrien, Trebeurden, Tregonneau, Moustoir, Plougonver, Maël-Carhaix, Moustoir, Ploezal, Pluzunet, Trebeurden.
  • PEN LAND à : Pont Melvez, Yvias.
  • PEN LANN à : Kerbors et St Clet.
  • PEN EN LAN à : Plourac’h.

** Dans le Département du  Morbihan **

 Commune ayant un lieudit PELAN sur  son territoire

  • Caden

Communes ayant un lieudit PELLAN sur leur territoire

  • Berne
  • Priziac

On trouve par ailleurs :

  • PEN ER LANN à : St Tugdual.
  • PENLAN à : Billiers.

 L’IMPLANTATION DU PATRONYME EN BASSE BRETAGNE

** Dans le Département du Finistère **

Un adhérent du Centre Généalogique du Finistère, Monsieur Bernard LE BRUN (+), a relevé tous les noms des personnes qui ont été citées lors du recensement de 1836. Ce relevé lui a permis de cartographier l’implantation des noms.

On trouve une petite concentration du nom PELLAN dans le Nord du Département :

  • 4 à Ploudalmézeau
  • 4 à Plabennec
  • 6 à Ploudaniel
  • 3 à Trégarantec
  • 1 à Plouédern
  • 1 à Guipavas
  • 4 à Guilers
  • 1 à Lambezellec
  • 1 à St Pierre Quilbignon

En centre Finistère, on note en 1836 l’existence d’un PELLAN à Pleyben, et quelques uns dans l’extrême Sud du département : 1 à Quimperlé, 3 à Rédéné,  1 à Arzano, (orthographié PéLAN) et 2 encore à Arzano mais qui sont orthographiés PéLANNE.

Le nom PENLAN est en interpénétration avec le nom PELLAN dans le Nord du département, puisque l’on en trouve :

  •  à Lanildut
  • 1 à Plouarzel
  • 1 à Ploumoguer
  • 2 au Conquet
  • 1 à Plouzané
  • 1 à St Pierre Quilbignon
  • 3 à Roscoff.

 ** Dans les autres départements bretons **

Il  n’existe pas malheureusement  de cartes comme celle de Monsieur LE BRUN pour le Finistère. On peut songer  à consulter les annuaires du téléphone via Internet. Ce sera forcément imprécis compte tenu des mouvements importants des personnes depuis la guerre de 1914/1918.

En ce qui concerne ma famille, qui est originaire des Côtes d’Armor, je peux indiquer qu’elle se situe pour  le XVIII° siècle et après, à PLOUGUENAST et à LANGAST.

IMPLANTATION EN GENERAL

 ** en France **

D’après les statistiques de l’INSEE, ce patronyme se trouvait :

  •  Entre 1891 et 1915 dans 7 régions, 14 départements et 66 communes.
  • Entre 1916 et 1940 dans 14 régions, 24 départements et 64 communes.
  • Entre 1941 et 1965 dans 11 régions, 24 départements et 122 communes.
  •  Entre 1966 et 1990 dans 12 régions, 28 départements et 97 communes.

Il y a eu 1056 naissances de PELLAN entre 1916 et 1990.

Il y aurait en France en 1997, 1558 porteurs de ce patronyme.

Ce patronyme arrive au 3596° rang (sur 4.793 rangs)

Il y a en France 1.329.359 noms répertoriés, mais compte tenu d’un certain nombre de noms qui sont ex-aequo, il n’y a que 4.793 rangs.

Sa plus grande fréquence est bien entendu en Bretagne.

Ce nom se trouve dans les Départements d’Outre Mer (Martinique, Guadeloupe etc…) Nombreux sont les bretons à avoir émigré et à avoir fait souche dans ces départements.

** Dans le reste du monde **

  • Les bretons sont de grands voyageurs, qui ont immigré un peu partout dans le monde.

Un Yves MARTIN originaire de PAULE dans les Côtes d’Armor va ainsi émigrer au Québec à la fin du XVII° siècle. Il prendra en nouvelle France le nom de MARTIN dit PELLAND. Il va donner naissance à une nombreuse descendance tant au Canada qu’aux Etats Unis. Certains donneront leurs noms aux Etats Unis à des montagnes ou à des monts sous la graphie PELLAND. De cette famille est issu le très célèbre peintre canadien Alfred PELLAN qui a supprimé le D final de son nom.

On consultera avec intérêt, pour en savoir plus à ce sujet, le site canadien PELLAND à l’adresse suivante : http://www.cyberbeach.net/~jrpellan/pellan1.htm

  • Des porteurs du nom, n’ayant aucun lien avec la Bretagne :

Grande a été notre surprise de constater que ce nom pouvait avoir d’autres souches que la Bretagne :

en Tchécoslovaquie

Nous avons trouvé l’existence de :

  • Elisabeth PELLAN fille de Johanes baptisée en 1781 à KHROV,
  • Jacob qui s’est marié à Dorothea PELLANOVA à KHROV le 27 octobre 1782
  • Joanes PELLAN qui s’est marié à KHROV le 28 octobre 1759 à Margarita VOTAWOVA
  • Marianna PELLAN qui a été baptisée le 11 décembre 1796 à BISKUPICE, fille de Georg PELLAN et de Anna ?.
  • Rozalia PELLAN fille de Johann PELLAN et de Margareta CHALUPOVA baptisée à BISUPICE en 1798.
  • Thomas PELLAN qui a épousé Maria Anna à KHROV le 24 octobre 1790.

Les porteurs de ce patronyme ont ils pour origine un émigré breton ? ou s’agit il également d’un nom tchèque qui a une signification dans cette langue ?

Le mystère est entier pour l’instant.

en Irlande

Nous avons trouvé un nombre important de porteurs de ce patronyme (PELLAN ou PELAN) dans le comté de ANTRIM à LISBURN, BALANTINE, DUNMURRY…..

Nous notons qu’il existe en Angleterre des personnes qui s’appellent PELLANS, PELLEANE, PEELAN, PEALAN, PEALEAN.

Est-on parti de ces noms pour aboutir à PELLAN ou PELAN, ou est-ce l’inverse ?

Là encore, c’est le mystère.

UNE GENEALOGIE AGNATIQUE

On trouvera ci-après ma lignée agnatique en partant de mes enfants :

1 – Gwenaëlle PELLAN née à BREST SAINT PIERRE (29) le 2 janvier 1970

1 – Gildas PELLAN né à BREST (29) le 30 décembre 1972

1 – Morgane PELLAN née à BREST (29) le 26 décembre 1974

2 – Jean François PELLAN né à DREUX (28) le 25 décembre 1942.

X à BREST SAINT PIERRE le 31 mars 1969 avec Marie Louise LAZENNEC ( + à                                                Landivisiau –Finistère- le 25 janvier 2005)

 ***

4 – Alexis PELLAN né à PLOUGUENAST (22) le 8 août 1902.

X à MARCILLY LA CAMPAGNE (27) avec Pauline Jeanne DUBOT née à L’HERMITAGE LORGE (22) le 10 mai 1910 et + à OISSEL (76) le 24 septembre 1996.

+ à DREUX le 6 novembre 1993.

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8 – Alexis PELLAN né à PLOUGUENSAT (22) le 11 avril 1863.

X avec Rosalie BARBE à PLOUGUENAST le 9 Juin 1886

+ à PLOUGUENAST le 20 novembre 1916.

16 – François PELLAN né à LANGAST (22) le 10 avril 1822

X avec CARIOLET Marie-Françoise à LANGAST le 1° février 1853.

+ à PLOUGUENAST le 4 août 1895.

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32 –  Jacques PELLAN né à LANGAST le 30 janvier 1791.

X avec GUIGUEN Marie Rose à LANGAST le 7 Juillet 1813.

+ à LANGAST le 28 avril 1836.

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64 – Sévère PELLAN né vers 1760

X avec PETRA Jeanne à LANGAST le19 janvier 1788.

+ à PLESSALA le 29 vendémiaire an 09.

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128 – Jean PELLAN né vers 1714

X à PLESSALA le 1° mars 1745

+ sans doute à LANGAST le 14 janvier 1786.

HERALDIQUE

 Il existe des familles   de PELLAN   dont le blason est : « d’azur au soleil d’or » ou encore « d’hermines à deux haches d’armes adossées de gueules »

BIBLIOGRAPHIE

On pourra consulter les ouvrages suivants qui traitent du toponyme ou de l’anthroponyme PELLAN :

–          Albert DESHAYES :

–          Dictionnaire des Noms de Famille Bretons p. 430.

–          Gwennolé LE MENN :

–          Les Noms de famille les plus portés en Bretagne p 188.

–          Francis GOURVIL :

Noms de famille de Basse Bretagne

Noms de famille d’origine toponymique (édition augmentée par Albert DESHAYES) p 209

–          Bernard TANGUY :

Dictionnaire des noms de communes, trêves et paroisses des Côtes d’Armor (article sur Plélauff p.179)

–          Erwan VALLERIE :

Traité de toponymie historique de la Bretagne

–          François DANTEC :

Les noms de villages de Plonevez du Faou  (article sur Lan p 82 et sur Pen p 92)

–          Jean-Marie PLONEIS :

La toponymie celtique (L’origine des noms de lieux en Bretagne) article sur pella(n) (le plus éloigné) p 101.

La toponymie celtique (la Flore et la Faune) article sur  Pe(nn)-lan p 71.

L’Identité bretonne. Article sur Pellan p 125 et 149, sur Lan p148, 153 et 201, sur Pen p 124 et 126.

–          Hervé ABALAIN :

Noms de famille bretons p 93

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